Triumph TR250 de 1968 : caractéristiques et guide d’achat
La Triumph TR250 de 1968 est la version américaine de la TR5 britannique. Elle associe le châssis vif des Triumph à six cylindres à une alimentation par carburateurs, plus simple à entretenir que l’injection Lucas et bien adaptée à une utilisation régulière.
Produite de juillet 1967 à septembre 1968, la TR250 vise d’abord le marché nord-américain, soumis à des règles antipollution plus strictes. Elle reste rare en Europe, ce qui impose de vérifier avec soin son historique d’importation, sa configuration d’origine et la qualité de toute restauration.
Une TR5 adaptée au marché américain
La Triumph TR250 reprend la carrosserie de la TR5 : roadster compact, phares ronds, calandre fine et poupe tronquée. Son identité se lit surtout sous le capot, où le six-cylindres de 2,5 litres reçoit deux carburateurs Stromberg CD175 au lieu de l’injection mécanique Lucas.
Cette solution abaisse la puissance par rapport aux 150 ch annoncés pour la TR5 PI. La TR250 développe environ 111 ch SAE, avec un couple disponible à bas régime et une conduite souple. Sur route, son caractère reste sportif sans exiger les réglages précis d’un système d’injection ancien.
Fiche technique de la Triumph TR250 1968
- Moteur : six cylindres en ligne, 2 498 cm³, bloc fonte et culasse fonte
- Alimentation : deux carburateurs Zenith-Stromberg CD175
- Puissance : environ 111 ch SAE à 4 500 tr/min
- Boîte : manuelle à 4 rapports, overdrive Laycock de Normanville en option
- Transmission : propulsion, roues arrière indépendantes
- Freinage : disques à l’avant, tambours à l’arrière
- Production : environ 8 484 exemplaires
La boîte à quatre rapports commande une mécanique endurante quand les vidanges ont été suivies. L’overdrive, très recherché, réduit le régime sur route rapide et rend les longs trajets plus agréables. Son bon fonctionnement ajoute toutefois un point de contrôle avant achat.

Le châssis : le critère qui décide l’achat
La carrosserie de la TR250 repose sur un châssis séparé. La corrosion peut attaquer les longerons, les points d’ancrage de suspension, les supports de caisse et les traverses, parfois sous une peinture récente. Une belle carrosserie ne compense jamais un châssis fragilisé.
Examinez l’alignement des portes, des ailes et du capot, puis recherchez les plis, soudures épaisses ou traces de réparation autour des fixations. Un contrôle sur pont reste la meilleure précaution. Le remplacement correct d’un châssis et la remise en état de la caisse représentent un budget élevé.
Une TR250 saine avec défauts esthétiques constitue souvent un meilleur achat qu’un roadster brillant dont le châssis n’a pas été inspecté.
- Inspecter le châssis sur pont
- Contrôler longerons, traverses et ancrages de suspension
- Vérifier l’alignement des portes, ailes et capot
- Démarrer le moteur et écouter les cognements à chaud
- Contrôler pression d’huile, refroidissement et fuites
- Tester carburateurs, embrayage, boîte et overdrive à chaud
- Comparer le numéro de commission aux documents
- Examiner factures, photos de restauration et documents douaniers
- Essayer l’auto sur route avant l’achat
Moteur, carburation et transmission : les vérifications utiles
Le six-cylindres doit démarrer sans fumée bleue persistante ni cognements à chaud. Contrôlez la pression d’huile, les fuites au joint de culasse, l’état du circuit de refroidissement et la température en circulation lente. Une surchauffe répétée peut révéler un radiateur entartré ou un moteur mal préparé.
Les Stromberg doivent offrir un ralenti stable et une reprise franche, sans trou à l’accélération. Vérifiez aussi les membranes, les axes de papillon et l’équilibrage des carburateurs. Ces pièces restent accessibles, mais une carburation négligée masque parfois une usure d’allumage ou de distribution.
Lors de l’essai, testez chaque rapport, l’embrayage et l’overdrive à chaud. Des vibrations peuvent venir de l’arbre de transmission, des croisillons, des cardans ou des silentblocs de pont. La suspension arrière indépendante procure une bonne motricité, à condition que ses réglages et ses fixations soient sains.
Authenticité et documents d’une TR 250 importée
La majorité des TR250 présentes en France provient des États-Unis. Comparez le numéro de commission, généralement précédé de « CD », avec les papiers et la plaque constructeur. Un dossier comprenant factures, photos de restauration, anciens titres américains et documents douaniers sécurise fortement la transaction.
Une conversion en conduite à gauche européenne, des carburateurs différents ou une teinte non conforme ne condamnent pas une auto. Ces écarts doivent être annoncés et cohérents avec le prix. Les éléments spécifiques, badges, instrumentation américaine et roues d’origine participent à l’intérêt historique du modèle.
Quel budget prévoir pour une Triumph TR250 ?
La cote dépend d’abord de la structure, de la qualité de restauration et de la présence de l’overdrive. Une auto roulante à reprendre peut sembler abordable, puis absorber rapidement plusieurs milliers d’euros en carrosserie, trains roulants et mécanique. Une restauration documentée mérite une prime lorsque les travaux sont vérifiables.
Prévoyez aussi l’entretien courant : fluides, réglage des carburateurs, allumage, pneus et contrôle des freins. La disponibilité des refabrications facilite la vie du collectionneur, mais la qualité varie selon les fournisseurs. Conservez les pièces déposées et les factures : elles soutiennent la valeur future de la TR250.
Triumph TR250 1968 : ce qu’il faut retenir
La Triumph TR250 1968 offre l’élégance et le comportement d’une TR5 avec une mécanique à carburateurs plus facile à apprivoiser. Son faible volume de production, son six-cylindres souple et son châssis séparé imposent un achat méthodique. Privilégiez toujours une auto saine, documentée et essayée sur route à une restauration seulement séduisante en photo.
