Jaguar Mark II : histoire, versions et caractéristiques

La Jaguar Mark II incarne la berline sportive britannique des années 1960. Produite de 1959 à 1967, elle associe une carrosserie compacte à quatre portes, un six-cylindres XK et un comportement routier très supérieur à celui de nombreuses berlines de son époque.

Son élégance, ses performances et son habitacle en cuir et bois expliquent sa place durable sur le marché des anciennes. Pour l’achat, l’état de la caisse et la qualité de la restauration comptent davantage que le seul niveau de finition.

Une berline Jaguar conçue pour rouler vite

La Jaguar Mark II remplace la 2.4 Litre et la 3.4 Litre, souvent appelées Mark I. Jaguar conserve la structure monocoque et le moteur XK à double arbre à cames, tout en agrandissant les surfaces vitrées et en modernisant la présentation.

Le dessin signé William Lyons se reconnaît à sa calandre verticale, ses phares ronds et ses ailes galbées. La voiture mesure environ 4,57 m de long : un format encore utilisable sur route, malgré une visibilité arrière limitée et un rayon de braquage conséquent.

La Mark II a aussi bâti sa réputation en compétition, notamment avec les 3.4 et 3.8 litres engagées dans les courses de tourisme britanniques. Elle a gagné une image de « Mark auto » rapide, soutenue par des pilotes comme Mike Hawthorn ou Roy Salvadori.

Motorisations et caractéristiques de la Jaguar Mark II

Trois cylindrées du six-cylindres XK étaient proposées : 2,4 litres, 3,4 litres et 3,8 litres. Toutes reçoivent une culasse en aluminium, deux carburateurs SU et une distribution à double arbre à cames en tête.

VersionCylindréePuissance annoncéePositionnement
2.42 483 cm³120 chEntrée de gamme, conduite souple
3.43 442 cm³210 chMeilleur compromis agrément et coût
3.83 781 cm³220 chVersion la plus recherchée

Les chiffres de puissance sont ceux communiqués à l’époque et diffèrent des mesures modernes aux roues. Une 3.8 bien réglée offre des reprises vigoureuses ; elle exige aussi un système de refroidissement sain et un entretien moteur suivi.

La suspension avant indépendante utilise des triangles, tandis que l’essieu arrière rigide repose sur des ressorts à lames. Les quatre freins à disque Dunlop constituent un atout majeur, même si leur endurance et leur mordant ne correspondent plus aux standards d’une automobile moderne.

La boîte manuelle à quatre rapports était proposée avec ou sans overdrive. Une boîte automatique Borg-Warner à trois rapports existait également ; elle convient à la balade, mais une transmission manuelle avec overdrive valorise souvent mieux une Jaguar Mark 2 auprès des amateurs.

Berline britannique de luxe des années 1960, restaurée avec une carrosserie vert profond, une calandre chromée et des roues à rayons, photographiée devant un élégant manoir.

Mark II, 240 et 340 : éviter les confusions

Le nom Jaguar Mark two, Jaguar Mark 2 ou Jaguar Mark II désigne le même modèle, l’orthographe variant selon les annonces et les marchés. La dénomination « Mk II » reste courante en France comme au Royaume-Uni.

En 1967, Jaguar simplifie la gamme avec les 240 et 340. Ces versions tardives reprennent la base de la Mark II avec une finition allégée, une calandre modifiée et, pour la 240, un moteur 2.4 porté à 133 ch grâce à une culasse revue.

Une 240 ou une 340 n’est pas une Mark II au sens strict. Leur intérêt est réel, mais leur présentation plus dépouillée et leur cote doivent être appréciées séparément.

Les contrôles à faire avant l’achat

La corrosion est le premier risque. Une carrosserie brillante peut cacher des réparations coûteuses sur les bas de caisse, longerons, passages de roue, planchers, ancrages de suspension arrière et entourages de vitrages.

  • Examiner le châssis monocoque sur pont, factures de tôlerie à l’appui.
  • Vérifier la concordance des numéros de châssis, moteur et plaque constructeur avec les documents.
  • Contrôler l’absence de surchauffe, de mayonnaise dans l’huile et de fumée bleue persistante.
  • Tester la boîte, l’overdrive, la direction, les freins et le frein à main.
  • Inspecter boiseries, cuirs, chromes et joints : leur remise en état pèse vite dans le budget.

Une restauration intégrale mal documentée mérite la même prudence qu’une auto à reprendre. Les pièces mécaniques du moteur XK restent accessibles auprès de spécialistes, alors que les éléments de carrosserie, les garnitures spécifiques et certains chromes peuvent alourdir fortement la facture.

Jaguar Mark II : ce qu’il faut retenir

La Jaguar Mark II séduit par son équilibre entre confort, caractère mécanique et ligne statutaire. La 3.4 litres offre souvent le choix le plus cohérent pour rouler, tandis que la 3.8 concentre la demande des collectionneurs et les meilleures cotes.

Privilégiez un exemplaire sain, avec un historique clair et des travaux justifiés par factures. Une auto authentique, entretenue régulièrement et bien réglée procurera davantage de plaisir qu’une restauration spectaculaire aux fondations incertaines.